Par Stanislas Bailly, responsable innovation systèmes d’aide à la conduite PSA, pour la Jaune et la Rouge

Comme de nombreux camarades de ma promotion, j’ai choisi de travailler quelques années dans la finance avant de revenir vers l’industrie automobile pour les nombreux défis qu’elle propose (internationalisation, culture de l’excellence opérationnelle, transformation disruptive de l’industrie avec l’arrivée de nouveaux acteurs). Je ne le regrette pas une seconde.

Il faut encourager les jeunes ingénieurs à aller vers l’industrie automobile. Alors que celle-ci est à l’aube de mutations profondes, il est dommage que constater que les acteurs traditionnels de la filière peinent à recruter des jeunes diplômés de talent. Or l’industrie automobile est aujourd’hui une des industries les plus internationales, avec des projets mondiaux. C’est ainsi la norme d’avoir des équipes de conception dans un pays, d’achat dans un deuxième pays, et une industrialisation qui doit ensuite être adaptée suivant les zones géographiques pour répondre aux demandes spécifiques des clients. Une situation idéale pour de jeunes diplômés désireux de se former à l’international.

UNE INDUSTRIE D’EXCELLENCE

Ensuite, l’industrie automobile est une industrie d’excellence, avec des process robustes et éprouvés, en achats, en supply chain, en qualité et en industrialisation, et qui tendent de plus en plus à être repris par d’autres industries (celles de l’aéronautique et de l’électronique par exemple, mais aussi du luxe, de l’ameublement, etc.). Commencer sa carrière dans l’industrie automobile offre donc de nombreux débouchés.

DES MUTATIONS PROFONDES

Enfin et surtout, l’industrie automobile est à l’aube de mutations profondes, avec l’arrivée de nouveaux acteurs (Google, Apple, Uber) qui sont en train de modifier en profondeur la façon de penser et concevoir des automobiles. Face à eux, les constructeurs traditionnels modifient leurs façons d’appréhender le monde numérique, afin de répondre aux besoins des consommateurs qui souhaitent pouvoir mettre à profit le temps disponible dans leur voiture. De plus, lorsque l’on sait que la croissance de l’industrie automobile vient aujourd’hui de l’Asie, et notamment de la Chine, et que l’âge moyen d’un acheteur de voiture en Chine est de 34 ans quand il est de 55 ans en France, on comprend aisément que les constructeurs n’ont pas d’autre choix que d’accélérer leur transformation numérique.

REPÈRES

L’industrie automobile a été un des secteurs les plus touchés par la crise financière, ce qui a contraint les acteurs, notamment les constructeurs français, à geler les embauches de futurs cadres prometteurs pendant de longues années. De ce fait, les constructeurs manquent aujourd’hui cruellement de jeunes diplômés (25 à 35 ans) de talent, ce qui non seulement les place en position délicate face aux changements à venir mais également contribue à donner une image vieillotte de l’industrie automobile, lorsque des anciens tentent de recruter de jeunes diplômés. Une image désuète qui est aujourd’hui erronée.

REPENSER LA CONCEPTION D’UN VÉHICULE

Les besoins des constructeurs et des équipementiers dans le domaine du véhicule autonome sont immenses : informaticiens, spécialistes de l’électronique, mais aussi experts en matériaux, en design et en conception. Car, avec des véhicules autonomes qui deviendront de plus en plus sûrs, les normes de sécurité de certains composants seront amenées à évoluer, ouvrant la voie à davantage d’allégement. Pour être performant dans ce domaine, un constructeur devra être capable de repenser complètement la conception d’un véhicule.

Article rédigé par Stanislas Bailly, pour le numéro spécial automobile Août-Septembre 2016 de la Jaune & la Rouge, à l’initiative d’X-Auto

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